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Sport

Un catcheur hué parce qu’il est végan

Le champion de la plus grande fédération de catch au monde pense aux animaux et à la planète. Ce qui le rend vilain aux États-Unis.

Le catch est traditionnellement peuplé de personnages gentils et méchants. Et au cours de la dernière décennie, Daniel Bryan, lutteur technique et combatif qui n’a rien à voir avec le cliché du colosse musclé, a été le gentil le plus populaire d’Amérique. Mais ces derniers mois, les ovations ont laissé place aux huées. Pourquoi ? Parce qu’il a soudainement décidé de ne plus se battre pour le peuple, mais « pour la planète ». Quitte à critiquer ses fans, accusés de participer au dérèglement climatique et aux meurtres à la chaîne des animaux. Le personnage de Daniel Bryan est ainsi devenu méchant, parce que végan et écolo. Et ça fonctionne : que ce soit lors de discours moralisateurs sur le véganisme ou quand il arrache un hot-dog de la main d’un spectateur, Daniel Bryan s’attire les foudres d’un public qui ne veut pas qu’on lui rappelle que son plaisir et son confort viennent trop souvent au détriment de l’environnement. Son dernier geste symbolique ? Avoir enlevé le cuir de sa ceinture de champion pour en faire un objet végan. Un acte sensé, mais perçu comme irrespectueux de la glorieuse histoire de cette ceinture.


Contrairement aux idées reçues, le public du catch en Amérique est plus libéral que conservateur. Et pourtant, il siffle son ancien chouchou, dont les idées progressistes s’accompagnent d’un profond mépris pour tous les non-végans. Pour Daniel Bryan, c’est bien le but, un bon méchant étant jugé par la force des huées. Il n’en demeure pas moins que c’est la première fois que la voix écologiste est entendue sur un ring de cette fédération de catch suivie par des millions de téléspectateurs. Et le jour, inévitable, où il deviendra gentil, les États-Unis auront un vrai héros végan et populaire.


Crédit photo  : Chris Ryan - Corbis 

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