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Le sport et la musique, voilà deux univers qui n’ont a priori pas grand-chose en commun. Pourtant, entre le monde du football et celui du rap, les connexions en France sont devenues innombrables. Les célébrations de but des joueurs évoquent leurs titres préférés, et les rappeurs font des références au foot dans leurs morceaux. Dernier exemple en date : « Ramenez la coupe à la maison » du rappeur Vegedream.

Welcome Fans vous raconte la « bromance » entre rappeurs et footballeurs.

Rap et foot, ça ne date pas d’hier

26 mai 1993, pour la première (et unique) fois dans l’histoire du football français, un club de Ligue 1 remporte la Ligue des Champions. Ce club, c’est l’Olympique de Marseille. Pour célébrer cette victoire historique, le groupe IAM, à l’époque en pleine éclosion, va composer le morceau « Le Feu », qui reprend la mélodie d’un chant de supporters marseillais. Un titre tellement apprécié dans les gradins du stade qu’il sera vite adopté par les supporters des virages du Vélodrome. Si elle a pris une grande ampleur aujourd’hui, la passion du rap pour le foot et inversement n’a pas attendu pour se manifester que grandisse la génération des rappeurs apparue après l’an 2000. 



Si IAM et l’Olympique de Marseille sont des précurseurs, ce premier pont entre football et rap va en inspirer d’autres. Pourtant, dans les années 1990, ils restent plutôt rares. Outre le morceau (aujourd’hui culte) d’IAM, on se souvient que Doc Gynéco avait également fait un clin d’œil au football dans son morceau « Passement de jambes » – avec Basile Boli en intro – extrait de son album Première Consultation en 1996. À partir du début des années 2000, la complicité entre les deux univers devient monnaie courante : Kool Shen, fondateur avec JoeyStarr de NTM, donne des conseils aux jeunes footballeurs sur « C’est pour toi qu’tu joues » en 2002, Booba, en 2004, clame sur l’album Panthéon qu’il n’a, en référence à Zidane, «que des numéros 10 dans sa team », tandis que, toujours en 2004, l’Olympique de Marseille commande carrément un disque entier à la gloire du club aux nombreux rappeurs de la ville et de ses environs. Intitulée OM All Star, cette compilation vite devenue culte célèbre en vingt chansons interprétées par IAM, les Psy 4 de la Rime, Keny Arkana ou encore Faf La Rage les couleurs de l’Olympique de Marseille.

Après 2010, ça accélère encore : Niska, le rappeur d’Évry, dédie un morceau à Blaise Matuidi qui lui-même s’inspire des chorégraphies des clips du jeune musicien pour ses célébrations de but ; MHD se fait connaître du grand public avec un morceau sur le PSG en Champions League ; Benjamin Mendy, le Français qui joue au club de Manchester City, est invité sur un disque de Jul… Et sur le terrain, chaque but est l’occasion de célébrations directement inspirées par les clips de rap. Dans l’histoire du sport et de la musique, jamais un tel phénomène n’a été observé à ce point. On a l’impression que footballeur ou rappeur, tous jouent dans la même équipe de copains. Et ce n’est pas la dernière Coupe du monde et « Ramenez la coupe à la maison » qui vont inverser la tendance.

Le Rap de 1990 à 2010 : 

Les pochettes d'albums cultes

Footballeurs et rappeurs : deux mondes faits pour s’entendre

En 2017, lorsqu’il remporte la Ligue des champions pour la troisième fois de sa carrière face à la Juventus à Cardiff, le Français Karim Benzema a invité un ami un peu spécial à le rejoindre sur la pelouse du Principality Stadium : au milieu des joueurs du Real Madrid, le rappeur marseillais Alonzo s’est tranquillement promené sur la pelouse tout en prenant des photos avec la coupe aux grandes oreilles. Amis depuis quelque temps, Benzema a tenu à ce que le rappeur marseillais soit présent pour célébrer son sacre avec lui. 

Mais comment expliquer que cette histoire paraisse aussi banale aujourd’hui et que la relation entre mondes du foot et du rap soit aussi étroite ? Sans doute parce que c’est une tradition bien française : « Dans chaque pays, il y a un genre musical particulièrement lié au foot, c’est quelque chose qui a presque une dimension sociologique », explique Pierre-Étienne Minonzio, journaliste à L’Équipe et auteur du Petit Manuel musical du foot (édition Le Mot et le Reste). « Au Brésil, le foot est lié à la samba, c’est pareil avec le tango en Argentine ou le rock en Angleterre… En France, c’est avec la musique rap que cela se passe. » Mais c’est aussi une question de popularité : « Aujourd’hui, le rap est le genre musical qui a le plus de succès auprès des jeunes, ça fait bientôt dix ans que la jeunesse française écoute majoritairement cette musique, même si elle n’est pas toujours mise en avant dans les médias. Les jeunes footballeurs, qui sont des jeunes avant tout, ne font pas exception à la règle », estime Pierre-Étienne Minonzio.

Avant chaque match, les footballeurs écoutent des morceaux de rap français, et après le coup de sifflet final, les rappeurs les félicitent par message sur les réseaux sociaux. C’est un peu ce qu’explique le rappeur Kalash Criminel, dont le dernier album La Fosse aux lions est rempli de références au foot : « J’ai des échanges quotidiens avec le monde du foot. On parle de musique, des derniers matchs, certains joueurs m’envoient des vidéos d’eux dans les vestiaires avec ma musique. D’ailleurs, énormément de joueurs me disent qu’ils se motivent en écoutant ma musique avant les matchs », raconte-t-il. Originaire de la ville de Sevran (Seine-Saint-Denis), Kalash Criminel a grandi dans le quartier de Rougemont en compagnie de nombreux jeunes footballeurs aujourd’hui devenus professionnels comme Serge Aurier ou Christopher Oualembo : « Dans les quartiers défavorisés, explique-t-il, ça joue beaucoup au foot parce qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à faire quand tu es petit. C’est un moyen de se divertir, et c’est pareil avec la musique. Du coup, dès notre plus jeune âge, on se croise beaucoup, entre ceux qui jouent au foot et ceux qui rappent. »


Et, une fois que le succès est là, les liens restent forcément forts entre les uns et les autres : « Des jeunes de classes populaires qui deviennent célèbres, il n’y en a pas dans 10 000 univers. Très souvent, c’est via le sport ou la musique », explique le sociologue Louis Jésu, auteur d’une thèse avec Cyril Nazareth sur le rôle du football et du rap dans les quartiers populaires. « Dans les quartiers où les gens se connaissent bien, ceux qui sortent du lot au point de devenir célèbres sont rares et se font vite repérer. Ce n’est donc pas étonnant qu’ils gardent des liens entre eux par la suite, vu qu’ils ont des trajectoires très similaires. » Comme le résume finalement Kalash Criminel, l’amitié entre sportifs et musiciens pourrait donc s’expliquer par des origines communes et des métiers similaires sur de nombreux points : « Les footballeurs et les rappeurs partagent beaucoup de choses parce qu’ils viennent souvent des mêmes quartiers, et parce que, dans leurs domaines respectifs, ils se retrouvent à exercer des métiers ultra médiatisés. » Échanger entre eux sur leurs expériences serait donc une façon de se rappeler d’où ils viennent, tout en se protégeant de la folie médiatique qui les entoure. Un bon moyen de garder les pieds sur terre.


VEGEDREAM
Cinq célébrations de footballeurs en clin d’œil à des rappeurs

Oubliez les danses Fortnite d’Antoine Griezmann, la vraie passion des footballeurs, ce sont les célébrations de but inspirées des clips de rap. Top cinq des meilleurs clins d’œil musicaux des footballeurs sur le terrain.

Le dab de Pogba

Vous le voyez partout depuis des années maintenant, des footballeurs jusqu’à François Fillon. Et si vous ne le saviez pas, le dab est un geste qui tire son origine du rap : c’est en effet le groupe de rap US Migos qui popularise le geste dans le clip de son morceau « Look at My Dab » à l’automne 2015. Quelques mois plus tard, Paul Pogba, encore joueur à la Juventus, se mettra à célébrer en faisant le geste du trio d’Atlanta. Un précurseur.

Le « Charo » de Neymar

C’est bien connu, la musique dépasse les frontières. Neymar en aura été un bien bel exemple à son arrivée au Paris Saint-Germain à l’été 2017. Pour son premier match au Parc des Princes, le génie brésilien plante un doublé face au club de Toulouse. Et célèbre son premier but face à son public en mimant le battement d’aile d’un aigle. Si l’on pourrait penser que cette célébration est anodine, elle fait à la fois référence à Blaise Matuidi et à Niska, auteur du tube « Matuidi Charo ». Une manière pour le Brésilien de dire au revoir à Matuidi (en partance pour la Juve à l’époque) tout en se mettant le rap français dans la poche.

Les pompes d’Aubameyang

Si, aujourd’hui, Pierre-Emerick Aubameyang est l’un des meilleurs joueurs africains de la planète, il n’en reste pas moins un fan de rap français. Car avant d’aligner les buts au Borussia Dortmund puis Arsenal, le joueur franco-gabonais a grandi en écoutant du Booba. Ce qui donne lieu à des célébrations que seuls les Français peuvent comprendre : preuve en est avec son but face au Bayern Munich en 2016. Alors qu’il vient de donner l’avantage au Borussia, Aubam’ se met à faire une série de pompes face à son public. La référence : le morceau « Traction » de Gradur, qui célèbre l’exercice durant tout son morceau. 

Le signe Jul de Cabella

Stade Vélodrome, février 2016. Durant la première mi-temps d’un Classique face au Paris Saint-Germain, Rémy Cabella décoche une frappe à l’entrée de la surface parisienne et marque. Sous les applaudissements des supporters marseillais, Cabella célèbre alors en faisant le signe… de Jul. Grand fan du Marseillais, l’actuel joueur de Saint-Étienne s’était déjà fait remarquer avec son coéquipier Romain Alessandrini quelques mois plus tôt pour la même célébration face à Rennes. Un geste en hommage au rappeur qui n’est pas passé inaperçu, puisque Cabella et Jul sont aujourd’hui amis, et ont même tapé ensemble dans la balle l’été dernier.

Le « Vie » de Tolisso 

C’est sans doute la dernière célébration en référence à un rappeur : à chaque but avec le Bayern, l’ancien Lyonnais Corentin Tolisso fait un “V” avec ses doigts. Une référence directe au rappeur belge Damso, qui a démocratisé ce symbole avec son morceau « Bruxelles Vie ». Ou alors tout simplement un signe de victoire ? On a plus envie de croire à la première option.

Interview avec Alonzo 

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Rappeur star de la scène marseillaise et fan inconditionnel de l’OM, Alonzo a toujours côtoyé des footballeurs : de Franck Ribéry, invité dans un clip de son ex-groupe Psy 4 de la Rime, à Karim Benzema dont il est l’ami. Pour Welcome Fans, le rappeur parle foot et rap avec le cœur.  


Tu as pas mal joué au foot dans ta jeunesse. Il paraît même que tu hésitais entre rap et foot à un moment...


C’est un peu exagéré, mais ça aurait pu être vrai. (Rires.) C’est vrai que le foot a toujours fait partie de ma vie, comme beaucoup de gens de chez moi. C’est très simple : quand tu es issu d’un quartier, la première chose pour divertir les jeunes, c’est un terrain de foot ou une MJC. Tu as le choix entre le foot et la musique, et j’ai pas mal joué dans les clubs autour de mon quartier de Saint-Antoine. Pendant quatre années, j’ai joué en club, tandis que je faisais du rap à côté de ça. Je jouais milieu de terrain avec le numéro dix : que ça soit avec Maradona, Pelé, ou dans le dessin animé Olive et Tom, c’était vraiment le numéro qu’on voulait tous avoir. Du coup, j’étais milieu offensif et rien d’autre. (Sourire.)


Selon toi, pourquoi est-ce que les footballeurs et les rappeurs s’entendent aussi bien ?


Le rap est la musique la plus consommée en France, elle a pris une ampleur incroyable. Et le sport numéro un en France et dans le monde, ça reste le foot. Quand tu as deux univers qui ont pris une telle ampleur, avec des gens qui viennent des mêmes milieux, ça crée forcément des atomes crochus. Surtout, ce sont deux univers qui partagent des valeurs communes : des deux côtés, on vient des quartiers populaires et on est des gens poursuivant des rêves et assoiffés de réussite. Il y a une envie commune de se dépasser, de progresser, de vivre une compétition positive... Et puis nous sommes des « rassembleurs ». Quand tu vas dans un stade de foot ou dans une salle de concert, tu vois toutes les communautés réunies derrière onze joueurs ou un chanteur. Et ça, sincèrement, il n’y a que le foot et la musique qui le permettent.


Pourquoi fais-tu autant de références au foot dans tes textes ?


Parce que c’est toujours efficace. Parce que tu vois instantanément les images. Dans un morceau qui s’appelle « Grand Sud », je dis : « Comme CR7, je t’allume de trente-cinq mètres. » L’image, n’importe qui la vois direct, c’est efficace. Et puis souvent, le parcours des footballeurs inspire les rappeurs. C’est pour ça qu’on les cite autant dans notre musique. Sur Énorme, un morceau de mon premier album, j’ai utilisé un extrait de commentaire de match en espagnol pris au moment d’un but de Diego Maradona, parce que c’est extrêmement fort en symbolique. Il y a de l’émotion, et ça dépasse le foot : Maradona a grandi dans un milieu difficile, il a eu une carrière avec plein de rebondissements, mais a finalement réussi à devenir une référence. Les gens des quartiers comme moi se reconnaissent beaucoup en lui.



En quoi le foot est-il aussi important dans ta vie ?


Il fait énormément partie de moi parce que j’ai beaucoup poussé la balle et parce qu’aujourd’hui, je reste proche du foot en général. Et puis quand tu es marseillais, tu n’y échappes pas de toute façon. Je suis par exemple allé rendre visite à des jeunes du centre de formation de l’OM il n’y a pas longtemps : il y a des petits qui ont quinze ans, qui viennent de la Martinique et qui ne voient pas leurs parents pendant des mois. C’est important de venir les soutenir. Et puis j’ai aussi eu la chance de participer au lancement du dernier maillot de l’OM. Je me souviens d’ailleurs que Lucas Ocampos (milieu offensif de l’OM, N.D.L.R.) est carrément venu me demander de faire une photo avec lui ce jour-là, comme s’il était fan. J’étais très étonné parce que c’est un Argentin et qu’il avait pourtant l’air de bien connaître ma musique. Le foot et la musique ont cette force en commun qu’ils dépassent les frontières. C’est pour ça qu’on s’entend aussi bien.


Rappeur star de la scène marseillaise et fan inconditionnel de l’OM, Alonzo a toujours côtoyé des footballeurs : de Franck Ribéry, invité dans un clip de son ex-groupe Psy 4 de la Rime, à Karim Benzema dont il est l’ami. Pour Welcome Fans, le rappeur parle foot et rap avec le cœur.  


Tu as pas mal joué au foot dans ta jeunesse. Il paraît même que tu hésitais entre rap et foot à un moment...


C’est un peu exagéré, mais ça aurait pu être vrai. (Rires.) C’est vrai que le foot a toujours fait partie de ma vie, comme beaucoup de gens de chez moi. C’est très simple : quand tu es issu d’un quartier, la première chose pour divertir les jeunes, c’est un terrain de foot ou une MJC. Tu as le choix entre le foot et la musique, et j’ai pas mal joué dans les clubs autour de mon quartier de Saint-Antoine. Pendant quatre années, j’ai joué en club, tandis que je faisais du rap à côté de ça. Je jouais milieu de terrain avec le numéro dix : que ça soit avec Maradona, Pelé, ou dans le dessin animé Olive et Tom, c’était vraiment le numéro qu’on voulait tous avoir. Du coup, j’étais milieu offensif et rien d’autre. (Sourire.)


Selon toi, pourquoi est-ce que les footballeurs et les rappeurs s’entendent aussi bien ?


Le rap est la musique la plus consommée en France, elle a pris une ampleur incroyable. Et le sport numéro un en France et dans le monde, ça reste le foot. Quand tu as deux univers qui ont pris une telle ampleur, avec des gens qui viennent des mêmes milieux, ça crée forcément des atomes crochus. Surtout, ce sont deux univers qui partagent des valeurs communes : des deux côtés, on vient des quartiers populaires et on est des gens poursuivant des rêves et assoiffés de réussite. Il y a une envie commune de se dépasser, de progresser, de vivre une compétition positive... Et puis nous sommes des « rassembleurs ». Quand tu vas dans un stade de foot ou dans une salle de concert, tu vois toutes les communautés réunies derrière onze joueurs ou un chanteur. Et ça, sincèrement, il n’y a que le foot et la musique qui le permettent.


Pourquoi fais-tu autant de références au foot dans tes textes ?


Parce que c’est toujours efficace. Parce que tu vois instantanément les images. Dans un morceau qui s’appelle « Grand Sud », je dis : « Comme CR7, je t’allume de trente-cinq mètres. » L’image, n’importe qui la vois direct, c’est efficace. Et puis souvent, le parcours des footballeurs inspire les rappeurs. C’est pour ça qu’on les cite autant dans notre musique. Sur Énorme, un morceau de mon premier album, j’ai utilisé un extrait de commentaire de match en espagnol pris au moment d’un but de Diego Maradona, parce que c’est extrêmement fort en symbolique. Il y a de l’émotion, et ça dépasse le foot : Maradona a grandi dans un milieu difficile, il a eu une carrière avec plein de rebondissements, mais a finalement réussi à devenir une référence. Les gens des quartiers comme moi se reconnaissent beaucoup en lui.



En quoi le foot est-il aussi important dans ta vie ?


Il fait énormément partie de moi parce que j’ai beaucoup poussé la balle et parce qu’aujourd’hui, je reste proche du foot en général. Et puis quand tu es marseillais, tu n’y échappes pas de toute façon. Je suis par exemple allé rendre visite à des jeunes du centre de formation de l’OM il n’y a pas longtemps : il y a des petits qui ont quinze ans, qui viennent de la Martinique et qui ne voient pas leurs parents pendant des mois. C’est important de venir les soutenir. Et puis j’ai aussi eu la chance de participer au lancement du dernier maillot de l’OM. Je me souviens d’ailleurs que Lucas Ocampos (milieu offensif de l’OM, N.D.L.R.) est carrément venu me demander de faire une photo avec lui ce jour-là, comme s’il était fan. J’étais très étonné parce que c’est un Argentin et qu’il avait pourtant l’air de bien connaître ma musique. Le foot et la musique ont cette force en commun qu’ils dépassent les frontières. C’est pour ça qu’on s’entend aussi bien.


Quand les footballeurs deviennent rappeurs

Les footballeurs aiment tellement les rappeurs qu’ils finissent parfois par aller eux-mêmes en studio. Passage en revue des meilleures performances de joueurs au micro.

Memphis Depay

Alors qu’il offre actuellement à l’Olympique Lyonnais un sacré nombre de buts et de passes décisives, le Néerlandais Memphis Depay trouve aussi le temps de faire de la musique : depuis plusieurs mois déjà, l’attaquant lyonnais partage avec ses fans des free-styles sur sa page YouTube. Passionné de musique, Depay semble prendre la chose plutôt au sérieux, puisque ses morceaux sont de plus en plus efficaces, comme en témoigne « Akwabaa », son premier single officiel, dévoilé il y a quelques semaines.

Benjamin Mendy 

Avec ses vannes incessantes sur Twitter et sa bonne humeur, Benjamin Mendy est l’un des joueurs français les plus rafraîchissants de ces dernières années. Surtout, tous les fans de foot connaissent l’actuel joueur de Manchester City pour un mot de son invention : le fameux « Mercé », dérivé de « merci » à la sauce Benjamin Mendy. À tel point qu’il va en faire un morceau : lors de son passage à l’Olympique de Marseille entre 2013 et 2016, Benjamin Mendy se lie d’amitié avec le rappeur Jul, qui l’invite d’abord dans un de ses clips, « En Y », avant de le faire intervenir sur un morceau tout simplement intitulé… « Mercé ». Ne vous attendez pas à une grande performance vocale, Benjamin Mendy répète juste son fameux gimmick. Mais c’est un bon début. 

Karim Benzema 

Avant d’être le meilleur ami de Booba, Karim Benzema a aussi été proche de Rohff. À tel point qu’en 2010, le rappeur de Vitry invitait l’attaquant du Real Madrid sur l’album La Cuenta pour un couplet de quelques secondes : en plein milieu du morceau « Fais-moi la passe », Benzema rappe durant quelques secondes pour évoquer son désir de s’imposer au Real. Pas ridicule, et surtout très visionnaire. 

Romelu Lukaku

Au mois de novembre 2018, Romelu Lukaku ne peut disputer les matchs internationaux de la sélection belge à laquelle il appartient en raison d’une blessure à la cuisse. Il va profiter de cette pause forcée de deux semaines pour aller en studio en compagnie d’un autre rappeur, TheColorGrey, et composer un morceau sur sa jeunesse et ses origines. Intitulé « New Levels », le morceau interprété par TheColorGrey raconte le parcours de Lukaku, qui ne pousse pas la chansonnette sur le morceau. Et pourtant, Lukaku a bien essayé. Le résultat : une vidéo de 40 secondes où l’attaquant mancunien semble moins à l’aise que lorsqu’il se trouve face au but. À vous de juger.

Foot, nos punchlines préférées

Des punchlines à apprécier en musique ! 





Découvre en images, 

les auteurs de ces punchlines ! 


Mais il n’y a pas que le rap qui aime le foot !

Il ne faut pas croire que les autres genres musicaux ne s’intéressent pas au foot. L’histoire de la musique est pleine de musiciens de rock, reggae, tango ou même classique, passionnés de football : « Ce qui est fort avec le football, c’est que c’est un sport qui arrive à réunir des artistes de plein d’univers musicaux différents », constate le journaliste Pierre-Étienne Minonzio. « En fonction des pays, de leur histoire, on se rend compte que ce sport est présent dans tous les genres musicaux. » Si le rock est la musique la plus associée au foot au Royaume-Uni (on pense notamment à la passion des frères Gallagher du groupe Oasis pour Manchester City, ou encore au morceau « Club Foot » de Kasabian et à « You’re in My Heart » de Rod Stewart dédié au Celtic…), la samba et la bossa nova sont les genres musicaux du foot au Brésil, où l’on trouve des chansons entièrement dédiées à certains matchs ou joueurs (« Fio Maravilha » de Jorge Ben en honneur du joueur de Flamengo du même nom), tandis que du côté de l’Argentine, on ne compte plus les tangos dédiés à des clubs de foot (« Racing Club » de Vicente Greco, dédié au club centenaire). Parmi tous ces musiciens, certains ont même poussé leur passion du foot encore plus loin en s’investissant corps et âme dans leur club, à l’image d’Elton John, qui fut président du club anglais de Watford de 1976 à 2008, ou de l’ex-chanteur de Led Zeppelin, Robert Plant, devenu vice-président d’honneur de son club de cœur, Wolverhampton. Football ou musique, la passion reste la même.

(1), (2), (3), (6), (7) ©Fifou (4) ©DR (5) ©Oussama Bouacheria